Une randonnée à la journée se joue souvent la veille, au moment de remplir le sac. Trop lourd, il gâche la marche ; trop léger, il vous laisse sans eau, sans veste ou sans moyen d’appeler quand le temps tourne. Voici ce qu’il faut y mettre, comment le porter, et ce qu’il faut vérifier avant de fermer la porte.
L’essentiel : au moins 1,5 litre d’eau, de quoi manger, une couche chaude et une veste de pluie, une protection contre le soleil, une couverture de survie, un sifflet, un téléphone chargé et la carte de l’itinéraire. Portez des chaussures déjà faites à vos pieds. Avant de partir, consultez la météo du jour et dites à un proche où vous allez et à quelle heure vous rentrez.

La liste du sac pour une journée de marche
La Fédération française de randonnée (FFRandonnée) publie une liste de référence pour préparer son sac. Elle a un mérite que la plupart des listes n’ont pas : elle distingue ce que chacun porte et ce qu’il suffit d’avoir une fois dans le groupe. Si vous marchez seul, tout est pour vous. À plusieurs, répartissez la seconde colonne au lieu de la porter en double.
| Besoin | Chacun dans son sac | Une fois dans le groupe |
|---|---|---|
| Boire et manger | Au moins 1,5 litre d’eau, des vivres de course (barres, fruits secs) | Le pique-nique |
| Se couvrir | Une veste de pluie, une polaire ou une couche chaude | — |
| Soleil | Chapeau ou casquette, crème solaire, lunettes de soleil | — |
| Sécurité | Couverture de survie, sifflet, téléphone chargé | Trousse de secours, lampe frontale |
| S’orienter | La carte ou la description de l’itinéraire | Carte au 1/25 000 avec protège-carte, boussole, topo-guide |
| Petits imprévus | Papier toilette, lacets de rechange | Couteau pliant, fil et aiguilles, sac poubelle, papier et crayon |
| Selon le terrain | Bâtons de marche si besoin | Jumelles ou appareil photo |
L’eau pèse le plus lourd : un litre, c’est environ un kilo. Le minimum de 1,5 litre par personne, que la FFRandonnée rappelle aussi dans ses recommandations de sécurité, vaut pour une sortie ordinaire. Par forte chaleur, sur un itinéraire sans point d’eau ou sans ombre, prévoyez davantage : sur un sentier littoral exposé comme celui des falaises de Bonifacio, le soleil et le vent assèchent vite.
La couverture de survie et le sifflet tiennent dans une poche et ne pèsent presque rien. On ne s’en sert presque jamais, et c’est pour cela qu’on les oublie. Laissez-les à demeure au fond du sac, avec le papier toilette et les lacets de rechange : ils y seront le jour où il en faudra.
Quel sac, et combien peut-il peser ?
Pour une journée, les conseils des détaillants spécialisés tournent autour de 20 à 30 litres, certains descendant à 20 litres pour marcher léger. Au-delà, le volume pousse à charger. La FFRandonnée réserve les grands sacs, autour de 55 litres, aux itinérances de plus de quatre jours.
Pour le poids, la fédération donne un repère pour l’itinérance de plusieurs jours : pas plus de 20 % de son poids, soit 11 kg pour une personne de 55 kg et 16 kg pour une personne de 80 kg. Elle précise que, pour une seule journée de marche, c’est trop. Une charge lourde augmente le risque de chute et d’entorse, et fatigue tendons, cartilages et disques vertébraux. Si votre sac de la journée approche ce seuil, quelque chose est en trop.

Le rangement compte autant que le contenu. La FFRandonnée conseille de garder la charge près du dos et centrée : le plus lourd contre le dos, le plus léger vers l’extérieur, sans masse trop basse sur les reins ni trop haute sur les épaules. Ce dont vous avez besoin en marchant doit se prendre sans tout vider :
- À portée de main (poches latérales, poche du dessus) : l’eau, les vivres de course, le chapeau, la crème solaire, la carte ou le topo-guide.
- En haut du compartiment : la veste de pluie, pour l’enfiler à la première averse.
- Dans une pochette plastique fermée : les papiers et l’argent.
- Au fond : ce qui ne sert qu’en cas de pépin, couverture de survie, trousse de secours, lacets.
Un sac n’est jamais complètement étanche : l’eau finit par passer par les coutures et les fermetures. Une housse de pluie, ou un grand sac poubelle glissé à l’intérieur en guise de doublure, garde la polaire au sec.
Les chaussures : le premier équipement du randonneur
Le sac se règle en route, les chaussures non. Une paire mal choisie, et la journée tourne aux ampoules. Une fiche de la commission médicale de la FFRandonnée, signée par une médecin et un podologue, donne des repères simples pour l’achat :
- Essayez en boutique, en fin de journée, quand les pieds ont gonflé, avec les chaussettes que vous porterez pour marcher.
- Gardez un demi à un centimètre entre le gros orteil et le bout de la chaussure, mesuré sur le pied le plus long. Une demi-pointure, voire une pointure de plus qu’en ville, est une sécurité.
- Pour commencer sur des chemins peu accidentés, une tige intermédiaire marie maintien et confort. La tige haute tient mieux la cheville hors sentier ; la tige basse laisse plus de liberté, au risque de se tordre la cheville si elle n’est pas entraînée.
- Ne marchez pas dans des chaussures usées. Une paire doit tenir au moins 1 500 km avant de perdre ses qualités de maintien et de protection ; au-delà, ou dès qu’elle se dégrade, remplacez-la.

C’est pour le jour où un lacet casse que la FFRandonnée en met une paire de rechange dans sa liste. Les bâtons, eux, n’y figurent que « si besoin », selon le terrain. S’ils doivent vous faire avancer plus vite, c’est une autre technique, celle de la marche nordique.
Lire le balisage avant de partir
Sur le terrain, la carte et le balisage se complètent. En France, les sentiers homologués par la FFRandonnée suivent des codes nationaux, repris par les chartes départementales de balisage. Mieux vaut les connaître avant de chercher la marque suivante à un carrefour :
| Itinéraire | Marque | Ce que c’est |
|---|---|---|
| GR (Grande Randonnée) | Deux rectangles superposés, blanc sur rouge | Des parcours de plusieurs jours ou semaines, à travers une région ou plusieurs départements |
| GR de Pays | Deux rectangles superposés, jaune sur rouge | Des boucles de plusieurs jours dans une région au caractère marqué |
| PR (Promenade et Randonnée) | Un rectangle jaune | Des circuits de quelques heures, une journée au plus |
| Randonnée équestre | Un rectangle orange | Les itinéraires à cheval, souvent partagés avec les marcheurs |
Chaque code se décline en trois sortes de marques : la marque simple, qui confirme que vous êtes sur le bon chemin ; la marque de changement de direction, qui annonce un virage ; la marque de mauvaise direction, une croix aux couleurs de l’itinéraire, qui signale le chemin à ne pas prendre. Si vous ne voyez plus de marque depuis un bon moment, revenez à la dernière que vous avez vue plutôt que de continuer au hasard.

Certains massifs ont en plus leur propre balisage local, et les panneaux de carrefour donnent souvent destinations et temps de marche. Le balisage ne remplace pas la carte : il peut manquer, être effacé ou caché par la végétation. Gardez la carte de l’itinéraire dans le sac et regardez-la de temps en temps pour savoir où vous êtes.
Sécurité au départ : ce qu’on vérifie avant de fermer la porte
La plupart des ennuis en randonnée se préparent avant le départ : une météo mal lue, une sortie trop longue, personne qui sait où vous êtes. Les recommandations de la FFRandonnée tiennent en quelques gestes :
Avant de partir, d’après la FFRandonnée
Regardez la météo du jour et les prévisions locales à court terme, et adaptez l’heure de départ aux conditions annoncées, chaleur ou orages.
Évaluez vos capacités face au terrain et au dénivelé, et ajoutez une marge de sécurité à la durée estimée.
Dites à quelqu’un où vous allez et à quelle heure vous comptez rentrer. Si vous ne revenez pas, les recherches partiront du bon endroit.
Eau, vivres, couche chaude, veste de pluie, couverture de survie, sifflet, carte, téléphone chargé : reprenez la liste.
Sur le chemin, buvez et mangez régulièrement, faites des pauses, et faites demi-tour en cas de difficulté ou de danger.
Le téléphone peut ne pas capter, en montagne ou au fond d’une vallée : c’est une raison de plus pour prévenir un proche avant de partir, et pour garder le sifflet, qui permet de signaler votre présence. Notez les numéros d’urgence, tels que les rappelle Service-Public.fr :
| Numéro | Pour quoi |
|---|---|
| 112 | Numéro d’urgence européen, valable dans tous les pays de l’Union européenne : il vous oriente vers le bon service |
| 15 | Samu, pour une urgence médicale (malaise, blessure) |
| 18 | Pompiers, pour un accident ou une situation de péril |
| 114 | Urgence pour les personnes sourdes, malentendantes ou aphasiques : par SMS, tchat, visio ou l’application « urgence 114 » |
| 196 | Secours en mer, depuis le littoral (utile sur un sentier côtier) |
Le sac poubelle de la liste a aussi son rôle : sur le sentier, tout ce que vous apportez repart avec vous, emballages et épluchures compris. La FFRandonnée conseille enfin une assurance adaptée à la randonnée ; la licence prise dans un club de randonnée inclut une responsabilité civile, avec des formules qui ajoutent l’assurance accidents corporels, et le club est aussi un bon moyen de ne pas partir seul.
Cette liste vaut pour une journée, retour le soir. Si la sortie se prolonge par une nuit dehors, le sac change de taille et de contenu : voyez notre guide du bivouac en France pour savoir où et quand planter la tente. Et si vous préférez enchaîner les journées de marche depuis une même base, nos conseils pour choisir un camping proche des sentiers vous aideront à trouver où poser la tente.
La rédaction de Rando Camp
Crédits photos
- JLPC, Bréhat 22 Marcheurs Paon 2010, CC BY-SA 3.0
- TCY, Banc pour randonneurs, Saint-Nectaire, CC BY-SA 4.0
- Liesel, Wanderschuhe, domaine public
- MartinD, GR5 markings on Ballon d’Alsace, CC BY-SA 4.0